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LA PAUVRETÉ, LE TRAVAIL, LA SOLIDARITÉ: Quel défi pour la communauté juive?
POUR ENSEIGNER NOSTRA AETATE
Couverture
Auteur
Editeur
Avant-propos
Introduction: de Auschwitz à Vatican II.
I. Nostra aetate: une autre vision du lien qui unit l’Église et le peuple juif
II. Un bref commentaire de Nostra aetate
III. Regard critique sur Nostra aetate
IV. Y a-t-il une pensée juive des Évangiles?
Conclusion
Déclaration Nostra aetate
Il était naturel que nous consacrions ce fascicule du département Torah et Société au quarantième anniversaire de la promulgation de la Déclaration Nostra aetate par le Concile Vatican II. Ce texte, on l’a souvent dit, a été pour beaucoup un point de départ. On imagine mal, en effet, combien, malgré toutes ses insuffisances, il allait à l’essentiel: que l’Église catholique et le peuple juif, comme le dira plus tard Jean-Paul II, sont liés au niveau même de leur identité. Et comme le constate les Orientations et suggestions pour l’application de la Déclaration conciliaire Nostra aetate: «c’est en scrutant son propre mystère que l’Église est confrontée au mystère d’Israël».
Il était bon de rappeler l’historique de cette déclaration et les mobiles qui ont conduit à sa rédaction sous la forme que nous connaissons; de rappeler également son inspiration profonde et son originalité. Mais aussi de porter témoignage sur les ambiguïtés et les zones d’ombres de ce texte.
Ce nouveau regard n’est jamais défini: il est à réinventer chaque fois, dans chaque circonstance, en fonction des textes qui énoncent les principes, en fonction des objectifs que l’on se donne.
Même si les juifs ont été déçus sur le moment par une partie du contenu de Nostra aetate – qui passait sous silence le «déicide» lui –même –, cette Déclaration a été le point de départ vers une reconnaissance mutuelle entre chrétiens et juifs, à l’intérieur d’une égale dignité pour tout homme.
De ce parcours qui a suivi Nostra aetate, nous ne parlons pas ici, mais il est dans nos mémoires: Orientations et suggestions pour l’application de la Déclaration conciliaire Nostra aetate de 1975, Notes pour une présentation correcte des juifs et du judaïsme dans la prédication et la catéchèse de l’Eglise catholique de 1985, notamment.
Il nous reste à nous demander si les juifs dans leur ensemble ont pris suffisamment conscience de la portée de ces textes, et s’ils se sont véritablement impliqués dans le dialogue. Ont-ils réalisé que l’avenir des retrouvailles qui s’ébauchaient entre juifs et chrétiens dépendait aussi de leur aptitude à accepter la techouva de l’autre? Le dialogue exige l’humilité, la capacité à se remettre en question face à l’attitude de l’autre et à son questionnement. C’est alors seulement que nous pourrons réellement dire, quarante après la publication de Nostra aetate, si il y a pour nous réception ou déception.
Une autre vision du lien qui unit l’Église et le peuple juif, 40 ans après Vatican II.
Il se trouve que l’année 2005 marque le quarantième anniversaire de la Déclaration conciliaire Nostra aetate – promulguée par le Pape Paul VI le 28 octobre 1965 – sur les relations entre l’Église et les religions non chrétiennes. Le Cardinal Augustin Béa en avait été non seulement l’esprit mais plus encore le cœur et même la main qui a guidé la rédaction de cette Déclaration conciliaire. Or, parmi les buts poursuivis par le Concile, il en est un qui intéresse au premier chef la communauté juive: c’est celui dont traite Nostra aetate dans son quatrième paragraphe qui concerne les relations de l’Eglise catholique avec le judaïsme et le peuple juif.
Dans ce fascicule intitulé «Pour enseigner Nostra aetate, une autre vision du lien qui unit l’Église et le peuple juif, 40 ans après Vatican II», on lira un essai de synthèse pouvant aider à récapituler les composantes de ce changement immense des mentalités chrétiennes auquel le peuple de l’Église a été convié – par le texte conciliaire – à l’égard des réalités juives, qu’elles appartiennent à l’histoire ou à la théologie. Et c’est un fait dont il faut prendre acte de façon définitive: le regard catholique sur le peuple juif et sur le judaïsme a subi des mutations profondes que l’Eglise ne peut plus mettre en cause aujourd’hui.
«Nous avons appris à poser sur le judaïsme un nouveau regard d’Église». Ainsi s’exprimait le Cardinal Johannes Willebrands, Président de la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme, soulignant qu’au Concile «l’Église, à travers ses évêques, était unie sur la question de sa relation aux juifs et au judaïsme, et non pas divisée par cette question». Si bien qu’aujourd’hui, le catholique qui serait tenté de revenir aux anciens stéréotypes, aux anciens préjugés à l’encontre des juifs, n’a plus droit de cité dans l’Église.
«Nous avons appris également à poser sur le judaïsme un regard œcuménique», affirmait le même Cardinal. Certes, le Concile Vatican II est un évènement de l’Église catholique. Toutefois, c’est l’identité chrétienne, en tant que telle, qui est en cause dans ce double et unique mouvement de rapprochement à l’égard du peuple juif et des chrétiens entre eux. Puisqu’il s’agit de faire retrouver aux chrétiens leurs communes origines, tout en leur permettant d’approfondir, parce qu’ils la confrontent avec celle d’Israël, leur singulière identité.
Cette référence au Cardinal Willebrands me conduit au cœur du sujet. Un exposé sur le thème «Vatican II et les juifs – 40 ans après» doit, je pense, introduire trois dimensions différentes:
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Une référence au Concile lui-même et à ce qui l’a rendu possible.
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Une référence même critique aux réalisations du Concile.
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Une référence à ce qui reste encore à faire.
Telles seront les grandes lignes de cet ouvrage.