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L’invention du judaïsme français par le Grand Rabbin Gilles Bernheim
Il y a 200 ans, les notables juifs et les rabbins convoqués par Napoléon Ier définissaient une relation entre la « loi juive » et la « loi du pays » dont la portée est universelle Une commémoration conduit toujours à s’interroger sur le chemin parcouru, sur ce qui persiste et sur ce qui a changé. L’anniversaire invite à se mesurer à nouveau à l’événement. Il en va de même pour la communauté juive française d’aujourd’hui par rapport à ses lointaines fondations napoléoniennes. N’a-t-on pas l’impression que la situation a changé du tout au tout, que les acteurs en présence sont presque étrangers à leurs lointains prédécesseurs? En quoi, et en vue de quoi, ces lointains travaux du Sanhédrin nous importent-ils encore? Les circonstances et les positions ont changé. On était alors dans un rapport de forces écrasant entre l’État impérial au lendemain d’Austerlitz, sûr de sa supériorité matérielle et idéologique, et les débris de l’antique «nation» juive, un peu plus de quarante mille âmes dans les frontières d’aujourd’hui, exténuées religieusement, intellectuellement, socialement et même physiquement . Celle-ci était composée principalement des communautés «portugaise» et comtadine, socialement en voie d’intégration et acquises aux «idées nouvelles», d’une chétive communauté parisienne récente et hétérogène et – c’était le plus grand nombre – des communautés alsaciennes aux modes de vie et d’organisation quasi-médiévaux. Le questionnaire soumis à l’assemblée des notables de 1806 puis au Grand Sanhédrin de 1807 tenait de l’examen probatoire: les juristes de Napoléon auraient voulu en quelque sorte mettre à l’épreuve, concernant les conditions indiscutables de l’appartenance au corps national, le groupe particulier qu’il s’agissait d’admettre ou non à un statut civique de plein exercice. Les Juifs avaient à faire leurs preuves. Physiquement présents de longue date dans l’espace français, ils n’en avaient pas moins été, jusqu’alors, pour l’essentiel, civilement exclus. «Nation à part», leur intégration faisait question. L'intégralité de cet article publié dans l'Arche de Janvier 2008 est disponible au format pdf en cliquant sur l'image ci-dessous.
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